Au cours des deux dernières semaines, le gouvernement Ford a lancé deux énormes projets de vanité : environ 1 milliard de dollars pour relocaliser le Centre des sciences de l’Ontario à Ontario Place, et une proposition de plusieurs milliards de dollars pour un nouveau centre de congrès sur un nouveau centre d’infill « Island ».
Pris ensemble, ils mettent en lumière un problème plus profond dans la manière dont l’Ontario aborde aujourd’hui les dépenses publiques majeures. Les projets d’une valeur de milliards de dollars ne devraient pas émerger des conférences de presse. Ils devraient découler d’un processus transparent qui évalue les meilleures pratiques, pèse l’impact économique et prend en compte le coût d’opportunité. Au contraire, ce que nous voyons de plus en plus est le contraire : un grand projet est annoncé en premier, et la justification suit plus tard.
Prenons la proposition du centre de congrès. Les centres de congrès réussissent lorsqu’ils sont situés près de grands centres de transport, de grands quartiers hôteliers et d’équipements culturels comme les restaurants. C’est précisément pour cela que le centre de congrès actuel de Toronto se trouve là où il est aujourd’hui. L’emplacement proposé ne suit pas du tout cette logique. Si l’objectif était vraiment d’augmenter la capacité des conventions, il y a des endroits beaucoup plus évidents pour le faire (en supposant que ce ne soit pas possible à l’emplacement actuel). Exhibition Place aurait au moins un certain sens. East Harbour, où un important nouveau pôle de transport en commun et commercial est en construction, aurait encore plus de sens. Au lieu de cela, la proposition semble investir des milliards de dollars dans un endroit qui ne répond à aucun de ces critères évidents.
L’argument économique est aussi mince, mais je suis prêt à être convaincu que ça en vaut la peine. Le tourisme compte, mais ce n’est pas un moteur majeur de la croissance de la productivité. Dépenser des milliards de dollars publics ici signifie détourner ces ressources d’autres investissements qui pourraient augmenter la capacité économique de l’Ontario.
La même logique s’applique à la décision du Centre des sciences de l’Ontario. Lorsque notre campagne a récemment publié une vidéo sur ce sujet, le but n’était pas simplement de critiquer le gouvernement. Il s’agissait d’illustrer le coût d’opportunité des dépenses à cette échelle. Pour un montant à peu près équivalent, l’Ontario pourrait financer une gamme de projets culturels et de travaux publics à travers la province dont les communautés discutent depuis des années.

L’essentiel n’est pas que ces projets exacts doivent avoir lieu. C’est que lorsque des milliards de dollars sont en jeu, la province devrait comparer les options et poser une question simple : qu’est-ce qui crée le plus de valeur pour les Ontariens?
En ce moment, cette discipline semble manquer. D’importantes sommes d’argent public sont engagées de manière arbitraire et de plus en plus concentrée à Toronto.
À un moment donné, le manque de retenue commence à avoir de l’importance. Il est difficile de dire aux étudiants qui protestent contre les coupes dans l’OSAP qu’il n’y a tout simplement pas assez d’argent pour financer leur éducation alors que des milliards de dollars sont proposés à la légère pour des projets comme ceux-ci. Il en va de même pour nos systèmes de santé et d’éducation, où les hôpitaux sont surpeuplés, les salles de classe sont surchargées et les institutions de première ligne se font constamment dire que les ressources sont limitées. L’Ontario affiche déjà d’importants déficits, pourtant la province continue de proposer de nouvelles idées de dépenses de plusieurs milliards de dollars, sans trop d’explications sur leur intégration dans une stratégie plus large. Oui, ces annonces ne sont peut-être pas aussi extravagantes que le tunnel 401 proposé de 100 milliards de dollars, mais le schéma reste le même. L’argent public est traité comme s’il était illimité. Lorsque les gouvernements dépensent des milliards de dollars des contribuables, la retenue et la discipline ne devraient pas être optionnelles.
J’ai été consterné par les fusillades visant Shaarei Shomayim à Toronto et Beth Avraham Yoseph de Toronto (le BAYT) à Thornhill. La violence contre les lieux de culte est inacceptable, et pour de nombreuses familles juives, ces attaques rappellent de façon effrayante que la montée de l’antisémitisme est devenue une réalité. C’est dommage.
Le prochain premier ministre de l’Ontario ne peut pas résoudre les conflits géopolitiques mondiaux. Les émotions entourant Israël et la Palestine, ou Israël et l’Iran, sont profondément ressenties par de nombreux Ontariens, et ces débats continueront dans une société libre.
Mais le rôle du gouvernement est plus simple et plus fondamental. Le libéralisme n’est pas simplement un trait de personnalité comme la tolérance ou la modération. C’est une architecture qui permet aux personnes en désaccord de vivre ensemble sans coercition ni peur. Sa légitimité repose sur une promesse fondamentale : que les individus peuvent pratiquer leur foi, se rassembler dans leurs communautés et vivre en toute sécurité.
Cette promesse doit s’appliquer autant aux espaces juifs dénominats qu’ailleurs.
Ce qui veut dire agir avec gravité. Le financement de la sécurité devrait être élargi et déployé rapidement. La présence policière autour des lieux de culte devrait être constante lors des périodes de risque accru, comme c’est le cas actuellement. Et la violence antisémite doit être enquêtée et poursuivie comme la menace sérieuse pour la sécurité publique qu’elle représente.
Cette semaine, notre campagne a accueilli l’économiste Joseph Steinberg pour discuter des subventions aux entreprises et de la politique industrielle. L’un des thèmes qui m’a frappé est à quel point la conversation sur la compétitivité peut être trompeuse.
Le Canada est souvent décrit comme ayant un environnement fiscal des sociétés attrayant. Mais une fois qu’on regarde de plus près, la situation devient plus compliquée. Comme le montre le graphique ci-dessous, l’écart entre les taux d’imposition effectifs marginaux et moyens reflète un système stratifié de subventions, de crédits et d’arrangements spéciaux qui affectent les entreprises de manière très différente.

L’ampleur de ce système est plus grande que la plupart des gens ne le réalisent. L’Ontario dépense des milliards de dollars (10 milliards $+) chaque année en subventions directes aux entreprises, et encore plus lorsqu’on tient compte des avantages indirects comme le financement préférentiel ou la capture réglementaire.
C’est un problème difficile, mais c’est aussi un vrai frein pour l’économie. Par exemple, éliminer les subventions directes pourrait permettre à l’Ontario de réduire l’impôt sur les sociétés de plus de 30% pour toutes les entreprises. Ce genre d’approche large, basée sur des règles, attirerait probablement beaucoup plus d’investissements que le système complexe actuel de transactions sélectives. Je ne suggère pas que j’abolirais toutes les subventions du jour au lendemain, mais ces enjeux représentent un énorme fardeau pour l’Ontario à long terme. Il faudra du courage politique pour réaliser une véritable simplification réglementaire et fiscale.